«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Promouvoir la paix en Afrique centrale et accélérer l’intégration régionale en favorisant les initiatives économiques et commerciales transfrontalières, voilà résumé la volonté de l’Inica (Initiative pour l’Afrique centrale).

La restauration de la paix va souvent de pair avec la substitution de programmes de développement aux économies de guerre. Et ces programmes d’ordre économique ou commercial trouveront plus d’efficacité s’ils sont partagés par une sous région. L’histoire de la construction européenne fait office de précédent en la matière. Avant de gouverner ensemble, les six premiers Etats de l’Union (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) n’ont-ils pas créé la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) ? Et n’est-ce pas finalement cette initiative d’ordre économique mais à vocation fédérale qui a jetée les bases de la paix en Europe ?
« C’est vrai que ce que nous essayons de faire en Afrique centrale relève de la même dynamique » souligne Jacqueline Damon, coordinatrice de l’Inica. «Quelles que soient les options économiques, ce type de développement représente le seul antidote à la violence tandis que la coopération régionale ne peut que favoriser la prévention des conflits» ajoute Roland Pourtier, professeur à l'Université Paris 1 et auteur d’une étude sur les perspectives de reconstruction et d’intégration de l’Afrique centrale.

« A l’ère de la mondialisation, on doit raisonner en termes d’emboîtement d’échelle, depuis le local jusqu’au mondial. Le destin du paysan rwandais produisant du café, et plus encore celui du mineur de coltan du Kivu se joue dans les bourses des pays du Nord, dans les réseaux régionaux de commercialisation, dans les pratiques locales». Et cela justifie pleinement l’Initiative pour l’Afrique Centrale, selon lui. Pour réussir, Jacqueline Damon s’attache à mener une action de terrain. Les problèmes doivent être identifiés à la base et remonter de la base vers le haut. Une approche qui rompt complètement avec les pratiques habituelles des grandes organisations internationales.

Mais selon elle, «on invente pas tout à Paris et il est nécessaire d’accompagner les stratégies positives sur le terrain». Observation du rôle des infrastructures de transport, de leur état, des marchandises échangées, de la répartition géographique des grands groupes ethniques… Tout est passé au crible par les chercheurs de l’Observatoire de l’Inica. De l’analyse de ces informations sortiront les grandes problématiques à résoudre. Et une fois identifiées, l’Inica mettra en réseau les différents acteurs sur place afin de trouver des solutions concrètes. Aux dirigeants des pays africains de faciliter ces discussions bilatérales et de veiller ensuite à l’application des décisions.
Les chercheurs de l’Inica resteront eux, sur place, avec la ferme volonté de faire avancer l’Afrique centrale sur la voie d’un développement durable.
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