«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Quand la succession de Robert Guiscard s’arrête faute de descendance, apparaît alors le futur Roger II, fils du grand Comte. Pierre Aubé, dans «Les Empires Normands d’Orient» le décrit ainsi : «Tout en lui dénonçait ses origines normandes. Son visage, d’une inquiétante dureté, terrorisait son entourage. Sa parole puissante, mais brève et impérieuse, invitait à une obéissance immédiate et sans défaillance. Son ambition était sans limite…».
Bien installé en Sicile, il y fait régner la paix, en créant une symbiose entre les ennemis d’hier, Normands, Grecs et Arabes. L’historien Ibn al-Athir écrira : «Il respectait les musulmans, entretenait avec eux d’excellentes relations et les protégeait contre les Francs». Roger II est couronné à Palerme le 25 décembre 1130. La cérémonie est magnifique. Roger II porte un manteau de soie, brodé de fils d’or, dont le décor représente des lions et des chameaux. Une inscription en arabe y figure, qui, ajoutée à d’autres symboles, montre la synthèse des nombreux héritages du royaume normand.
Si nous connaissions les Normands fiers guerriers, ils vont de transformer en remarquables bâtisseurs. Ils construisent quelques édifices exceptionnels. Le Palais des Normands à Palerme et la Cathédrale de Monreale sont parmi les plus beaux exemples monumentaux des savoir-faire conjugués des Normands et des Arabes. Tout comme la Chapelle palatine, construite dans le palais. Guy de Maupassant en la visitant quelques siècles plus tard aura cette formule : «le bijou religieux le plus surprenant rêvé par la pensée humaine».
Bien que victimes de l’outrage du temps et ayant parfois fait l’objet d’ajouts successifs, les monuments normands de Sicile témoignent aujourd’hui encore des compétences et des goûts architecturaux de l’époque.
Le règne de Roger connaît le calme et la prospérité. Le fracas des armes s’est tu. Roger II permet et encourage la cohabitation des différents cultes et croyances et la Sicile s’enrichit. Lors des Assises d’Ariano en 1140, le roi promulgue des valeurs qui s’éloignent de la féodalité. Roger insiste sur l’origine divine de son pouvoir.
Il suffit d’une visite à l’Eglise de la Martorana à Palerme ou à la Cathédrale de Monreale pour mieux comprendre. En effet, dans ces deux églises, trônent des Christ Pantocrator. Dans l’église de la Martorana, une magnifique mosaïque représente Roger II, directement couronné par le Christ en personne.

A la mort du roi, la succession s’annonce difficile. Après le règne de Guillaume le Mauvais, lui succède son frère, Guillaume le Bon, dont la principale œuvre architecturale est la cathédrale de Monreale qu’il dédie à la Vierge-Marie. C’est une splendide réalisation, illustrant le métissage arabe, byzantin, latin et normand. Et là, tout doucement, s’arrête l’histoire des Normands en Sicile, car le roi Guillaume II meurt en 1189 sans descendance. Après une décennie incertaine, la couronne sicilienne revient à une dynastie souabe. Une autre histoire. Retour p.1 - Voir portfolio Palerme
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