«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Depuis quelques années, le Burkina-Faso essaie de compenser son déficit hydrique en provoquant artificiellement des chutes de pluie. C’est la technique d’ensemencement des nuages baptisée opération Saaga.

Assis au bout de son champ de légumes, Ahamadou Diop regarde le ciel avec dépit. Un peu de pluie ne serait pas superflu. Ses légumes, qu’il vend sur le marché de la petite localité voisine, auraient alors plus de volume… Ahamadou n’est pas le seul à espérer de l’eau. Mais au Burkina-Faso, les dirigeants ont, depuis quelques années, décidé d’agir. Le principe est simple : il s’agit de l’ensemencement des nuages. La pratique est basée sur le tir de produits chimiques à base de sel (iodure d’argent) dans les nuages pour générer une pluie additionnelle. L’iodure d’argent, lancée à partir d’un avion sur une formation de nuage existante agit comme noyaux géants de condensation. Et miracle, la pluie dégringole sur les terres arides.
Cette technique initiée au Burkina par des chercheurs marocains n’a rien de révolutionnaire. Elle fut inventée en 1946 suite aux travaux de chercheurs américains Vincent Schaefer et Bernard Vonnegut. Soixante années plus tard, seuls une cinquantaine d’Etats utilisent la méthode. Elle est coûteuse et ne semble pas faire l’unanimité dans le milieu scientifique.
Au Burkina, le président Blaise Compaoré estime que Saaga (pluie en langue mooré) a permis de récolter 800 000 tonnes de maïs supplémentaire. Francis Forest, chercheur au Cirad (Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement) se veut plus pragmatique. «Au lieu de laisser filer les nuages, nous les utilisons au-dessus de zones peuplées. C’est quand même mieux que de laisser filer cette eau».

Vous l’aurez compris, la technique n’est rien sans la présence de nuages. «Nous ne pouvons vraiment rien faire lorsque le ciel est tout bleu» confie le colonel Abraham Traoré, le grand patron du programme Saaga . Aussi la méthode de détection des nuages s’est-elle nettement améliorée avec l’acquisition de radars et l’analyse très pointue des informations fournies par Météosat Afrique.
A défaut d’estimation scientifique de l’apport de Saaga, le colonel Traoré explique que «quand nous accélérons les précipitations, nous permettons à des plantes de recevoir plus d’eau. Et si une poche de sécheresse devait s’installer, la plante résiste mieux. Voilà ce que n’ont pas les autres pays». L’argument se défend.. Et la technique sera étendue à d’autres pays africains. C’est le vœu du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS). L’an dernier, cet organisme a mis en place le programme Apens (Augmentation des précipitations par ensemencement des nuages au Sahel) vers le Cap-Vert, Tchad, Mali, Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau et Sénégal.
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