LYBIE
La Libye puise son eau dans l'histoire
Benoit VOCHELET

La Libye qui compte un peu moins de six millions d’habitants, se caractérise par des conditions climatiques extrêmes, avec de très fortes chaleurs et des pluies rares, très rares. On estime localement le besoin annuel d’eau entre 4 et 5 milliards de m3. Et les «eaux desurface» n’en représentent que de 2 à 3%. Où trouver le reste ? Dans le sous-sol !

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Il y a quelques décennies, lors d’une prospection pétrolière, d’immenses gisements d’eau fossile saharienne ont été découverts. Cette eau (qui s’étend également dans les sous-sols de l’Egypte, du Tchad) résulte d’une époque bien révolue, il y a des millénaires, lorsque l’actuel désert n’était qu’une verdoyante savane… Très vite l’idée d’utiliser cette manne a germé dans les esprits. L’actuel programme Great man Made River (baptisé en français la Grande Rivière Artificielle) doit à terme, c'est-à-dire aux alentours de 2010, permettre le transfert de 6,5 millions de m3 d'eau par jour, soit 2 milliards par an, pour un investissement global de près de 30 milliards de dollars. Un projet véritablement pharaonique qui permet le transport de cette eau du désert vers les franges littorales, lesquelles concentrent la population et les fermes de production agricole. Actuellement, près de 5 millions de m3 transitent quotidiennement sur plus de 3 000 km de tuyaux géants.

Pour Omar Salem, le directeur de l’Autorité générale de l’eau en Libye, «le programme GMR est prévu pour une durée d’exploitation de 50 ans». Il est vrai que la réserve semble gigantesque. On parle de plus de 100 000 kilomètres-cube ! Cela ne dispense pas d’évoquer l’avenir. Certains experts estiment que l’utilisation de cette eau à des fins agricoles doit s’accompagner d’un véritable «plan irrigation» afin d’éviter un trop grand gâchis. D’autres sont convaincus de l’erreur de consacrer cette eau à l’agriculture. L’autosuffisance alimentaire, véritable leitmotiv des autorités libyennes, ne sera en effet probablement jamais atteinte. Donc, il serait plus sage de consacrer bonne part de cette eau à l’industrie. Le débat est ouvert.


































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