«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

L’Algérie manque d’eau. Et depuis quelques années, l’Etat a fait le choix du dessalement d’eau de mer. Explications

Actuellement l’Algérie compte une dizaine d’usines opérationnelles de dessalement d’eau de mer. L’objectif est de quadrupler ce chiffre à l’horizon 2020. Cette eau, issue du processus de dessalement, est exclusivement à destination de la population. Il n’est pas question d’utiliser l’eau ainsi obtenue à des fins d’irrigation, par exemple. Elle revient beaucoup trop cher pour être utilisée dans l’agriculture. C’est d’ailleurs l’un des handicaps du procédé : son coût.Seules les monarchies pétrolières du Golfe peuvent se permettre d’irriguer les golfs avec l’eau ainsi obtenue. En Algérie, les trente futurs projets d’usines de dessalement seront menés par la société d’investissement Algerian Energy company (AEC) et l’Algérienne des eaux. Ce projet permettrait à l’Algérie de posséder, avant 2010, la plus importante unité de dessalement d’Afrique. L’usine de Hamm pourrait alimenter Alger avec un débit quotidien de 200 000 m3. Ce qui, sur un plan strictement technologique, ne constitue pas un record. L’usine de Fujairah , dans le golfe d’Oman, produit 450 000 m3 et doit passer à l’étape supérieure : 900 000 m3 par jour !
Le problème essentiel reste le coût. Même si l’avancée technique permet désormais de sortir un mètre cube entre 70 et 90 cents de dollar. En effet, la séparation eau et sel s’effectue désormais soit par pression (osmose inverse) soit par un champ électrique (électrodialyse). Nous ne sommes plus à l’heure de la distillation-condensation, une technique qui était dévoreuse en énergie.
Cependant, les chercheurs sont nombreux à se demander s’il ne s’agit pas là d’une fuite en avant. Le chercheur Mohammed Larbi Bouguerra confie volontiers que «le dessalement n’est pas la panacée. L’eau ainsi obtenue demeure chère et grosse consommatrice d’énergie… En fait la plupart des mesures de conservation pourraient satisfaire aux nouveaux besoins en eau pour un coût ne représentant que 10 à 25% du prix du dessalement : si on améliorait l’efficacité dans l’emploi actuel de l’eau et si on mettait fin aux gaspillages et aux fuites… Il est peu intéressant – dans ces conditions - de dessaler l’eau de mer, d’injecter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de rejeter de la saumure quand la réduction des gaspillages et la maintenance correcte du réseau, l’amélioration de l’efficacité des usages de l’eau peuvent procurer une eau meilleur marché avec moins d’atteintes écologiques». Cette analyse, dans une perspective de développement durable, mérite d’être développée.
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