«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Impossible d’évoquer la situation des vieux travailleurs migrants sans faire intervenir la Sonacotra dans le débat La vocation historique de celle-ci étant d’accueillir la main d’œuvre originaire d’Afrique du Nord. D’ailleurs à l’origine, la Sonacotra s’appelait Sonacotral (Société nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens).
«Il y a simplement une chose à laquelle les décideurs de l’époque n’avaient pas songé, explique Serge Caquant, le directeur clientèle de l’organisme, c’est que les résidants puissent vieillir en France, dans nos foyers. Lors de l’arrivée de ces travailleurs migrants, on pensait à l’époque, qu’ils retourneraient vivre au pays». Ce qui est loin d’être le cas.
La conséquence, elle saute au yeux lorsque l’on pénètre dans certains foyers implantés en banlieue parisienne ou en Provence Côtes d’Azur, on y trouve beaucoup plus de retraités voire de petits «vieux » que de travailleurs dans la force de l’âge.
«La moitié de nos clients a passé le cap des 55 ans», analyse Serge Caquant. Ce n’est évidement pas un phénomène nouveau. Nous l’avons perçu depuis quelques années et il modifie un peu notre approche. Nous avons l’obligation morale de faire en sorte que ces travailleurs vieillissent dignement».
«Le vieillissement de notre clientèle implique des besoins différents. Nous devons essayer de répondre au mieux à cette attente», poursuit M. Caquant. A cet égard, la Sonacotra vient de recruter le docteur Anne Fevotte, médecin gériatre, qui travaillera sur les problèmes liés au vieillissement de la clientèle. Elle aura également pour mission de réfléchir aux projets d’Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Deux établissements de ce type sont programmés.

«Les vieux travailleurs payent des impôts et à ce titre ont des droits. Mais ce n’est pas à la Sonacotra de se substituer aux travailleurs sociaux» ajoute Serge Caquant. A chacun son boulot, en quelque sorte. Ce qui n’empêche nullement, au contraire, de fédérer les réseaux locaux, afin que des solutions puissent être rapidement apportées en matière d’aide et de repas à domicile, de soins infirmiers… Autant de prestations tout à fait classiques qui deviennent compliquées lorsque l’on est un vieux travailleur migrant à la maîtrise du français défaillante.
«Nous souhaitons les aider à vieillir dans les foyers» poursuit M. Caquant. Il est vrai qu’orienter ces clients vers une maison de retraite provoquerait un déracinement de plus.
Aussi, un gros effort est porté sur la «qualité» de vie. Parmi les «pistes» des travaux à entreprendre dans les foyers : citons dans le désordre : mains courantes, sols antidérapants, barre d’appui dans les blocs sanitaires. En attendant les travaux lourds comme les installations d’ascenseurs, par exemple.
Mais les foyers ne pourront à terme, sauf choix politique bien improbable, se transformer en maisons de retraite. Les redevances ne pourraient couvrir le budget nécessaire. «Nous ne prélevons jamais plus de 30% de leur budget. Il leur reste 70% de leur pension pour vivre, et précise le directeur de la Sonacotra, souvent, sur leur retraite très minime, ils font encore vivre la famille restée au pays».
Il est évident que la vie des chibanis n’est pas facile dans ces chambres parfois inférieures à 8 m2. Trente, trente-cinq années dans cet environnement, cela laisse des traces.
Il leur reste, au hasard des étages, au hasard des chambres, une réelle solidarité. «On l’a très peu dit mais lors de la grande canicule, la solidarité qui anime ces vieux travailleurs et leur souci l’un de l’autre ont permis d’éviter bien des drames. »
Copyright NomadeNews 2007 - Qui sommes-nous ? - Contact