
Après un saut en Afghanistan, Nicolas Sarkozy est parti fêter Noël chez les pharaons. Il reviendra en France le 31 décembre, pour souhaiter à 20h, sur TF1, une bonne année 2008 aux Français.
Alvaro Uribe, le président colombien, a fêté Noël en famille. Dans une maison, loin de la jungle et de ses guirlandes de lianes peu chaleureuses.
Manuel Marulanda, le leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie, y était peut-être, lui, dans la jungle. Mais de son plein gré et entouré de ceux qu’il avait choisis.
Quant à Hugo Chavez, le médiatique président vénézuelien, il a passé les fêtes dans son fief de Barrinas, une région à l'ouest du pays.
Mais que dire du Noël d’Emmanuel, le fils de Clara Rojas, la directrice de campagne d’Ingrid Betancourt, enlevée avec elle en 2002. Né il y a trois ans dans la forêt colombienne, il est le fruit d’un guérillero et d’une femme captive. Le fruit de l’amour ? Comment le savoir… Les rebelles colombiens disent aujourd’hui qu’il est « à moitié à nous et à moitié à eux (les parents)». Sa mère le voit un peu, mais c’est avec les Farc qu’il passe la majeure partie de son temps. En juillet dernier, une vidéo présentait le témoignage de sept policiers et militaires, dont l'un, William Dominguez, a croisé la route du petit garçon. «Il a beaucoup de jouets que lui ont fabriqués les guérilleros, il aime s'amuser avec», racontait le soldat. Cela n’a pas dû changer ! Et c’est avec ces mêmes jouets en bois que devait encore s’amuser le petit Emmanuel mardi 25 décembre. Car dans la jungle, le Père Noël n’est pas passé. Sinon il lui aurait apporté son cadeau. Le même que souhaitait sans doute très fortement sa mère et deux autres des otages : la liberté !
Mais voilà, rares sont ceux qui connaissent vraiment le Père Noël. Hugo Chavez, lui, croyait très bien le connaître. À tel point qu’il pensait même pouvoir endosser son costume et obtenir ainsi la reconnaissance internationale qu’il désire tant. Et ce, au nez et à la barbe… pas du Père Noël mais des Etats-Unis. Or, le président vénézuélien a du revoir ses plans. Tout ne s’est pas passé comme il l’aurait souhaité. Il faut dire qu’Alvaro Uribe, son homologue colombien, ne lui facilite pas la tâche. Intransigeant dans la lutte contre la guérilla, il n’est pas ce que l’on pourrait appeler un accélérateur de solution. Les récentes opérations militaires de l'armée colombienne dans les zones contrôlées par les Farc en sont la preuve. Mais les familles, présentes depuis plus d’une semaine à Bogota (capitale de la Colombie) veulent toujours y croire. Et tant pis pour les symboles ! Si la libération n’a pu se faire à Noël, elle se fera d’ici à fin de l’année ou pour l’épiphanie au plus tard. Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête. Alors, vite ! Vite ! Libérez-les tous! Voilà formulé mon vœu pour l’année 2008. Aujourd’hui aucune réalité politique ne justifie ce terrorisme commis par les Farc, dont l’existence se nourrit pour bonne part des revenus du narcotrafic. Il faut sortir de cette impasse humanitaire. Et sortir Ingrid Betancourt de là. Il y a urgence !
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