
Un millier de policiers en faction, un hélicoptère en survol stationnaire au-dessus de la ville, des projecteurs éclairant les zones sensibles…. Nous ne sommes pas à Bogota (Colombie), mais à Villiers-le-Bel. Une ville du Val-d’Oise, forte d’un plus de 26 000 habitants et située à 18 kilomètres au nord de Paris. Une ville qui a connu cette semaine des affrontements ultra-violents entre bandes de casseurs et force de l’ordre. À l’origine des émeutes : la mort de deux jeunes garçons, tués dans une collision entre leur mini-moto et une voiture de police.
Villiers-le-Bel est une petite ville qui ressemble à de nombreuses autres banlieues françaises. Ni pire, ni mieux ! Avec son petit centre ancien, son église gothico-Renaissance et ses infrastructures en bon état, la commune est très éloignée des clichés sur la misère des quartiers sensibles. Qu’on se le dise Villiers-le-Bel n'est pas Clichy-sous-Bois, la ville très pauvre d'où étaient parties les émeutes de l'automne 2005. La situation n’est pas pour autant idyllique. Ne nous voilons pas la face ! Ici, il y a du chômage, des discriminations, de la délinquance… Et sans doute faut-il s’indigner de l’inertie des pouvoirs publics. Les politiques de la ville qui n’ont rien donné, les «plans banlieues» aux moyens bien limités et les promesses qui tardent à arriver. La nouvelle secrétaire d'État chargée de la ville, Fadela Amara a, elle-même, promis d'annoncer son plan pour le début de l'année prochaine. Jusque-là, elle était en phase de consultations.
Mais depuis deux ans, ce n’est plus de l’écoute mais de l’action que demandent les habitants de ces zones. La révolte contre ces conditions de vie précaires se comprend et se justifie. Chacun a le droit d’aspirer à une existence meilleure. Ce qui est intolérable en revanche, c’est les scènes de western auxquelles nous avons eu droit. Des commerces pillés, une bibliothèque, deux écoles et le centre des impôts incendiés. Face à des bandes rebelles équipées de talkies-walkies branchés sur les fréquences de la police, les forces de l’ordre ont dû essuyer des tirs à balles réelles. Cette fois, les policiers étaient des cibles et leurs agresseurs ont tiré avec la volonté de tuer. Au total, plus de quatre-vingts policiers ont été blessés, dont quatre par balles. Incontestablement, nous avons franchi un nouveau palier dans la haine ! Car au spectre de 2005, on rajoute les armes.
Alors, il est plus que temps d’appeler au calme et à la raison. Les politiques doivent ramener la paix civile et sociale dans ses quartiers où les habitants aspirent à vivre normalement. Il faut agir ! L’enquête déterminera les circonstances exactes de ce qui apparaît aujourd’hui comme un accident dramatique. Et les politiques devront apporter une réponse répressive à la violence. Sachant qu’elle ne pourra suffire à faire taire ces maux.
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