«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Une dynastie normande a gouverné la Sicile aux XIe et XIIe siècles. Elle a connu son apogée lors du règne de Roger II, premier roi de Sicile de 1130 à 1154. Pourquoi et comment ces Normands de petite noblesse sont-ils partis vers ces terres lointaines ? Qu’est-ce qui a permis cette belle réussite ?

A l’aube du XIe siècle, avant que Guillaume ne parte conquérir l’Angleterre en 1066, la réussite de l’installation des Normands en Italie Méridionale est surprenante. Il s’agit, pour nombre d’entre eux, de chevaliers pauvres, de cadets de famille sans terre, qui trouve là le moyen de s’enrichir. «Ces Normands en guenilles», écrit Pierre Aubé dans «Roger II de Sicile» «qui autour de l’an mil ont végété dans les brumes du Cotentin avant de jeter leur trop-plein d’énergie sur cette terre baignée de soleil».
Certains connaissaient déjà l’Italie, pour être allés en pèlerinage au Monte-Gargano, où l’on honorait Saint Michel. Le chroniqueur Aimé du Mont Cassin, rapporté par François Neveux dans «L’aventure des Normands» situe l’élément fondateur de la présence normande en Italie du Sud en 999. «Les pèlerins normands passaient sur le chemin du retour par Salerne, ils trouvèrent la ville assiégée par les sarrasins et contribuèrent à la libérer». La réputation des Normands était établie.
Dans ce contexte agité, les Normands ont fait ce qu’ils savaient faire : manier l’épée. Maîtrisant parfaitement le combat à cheval, ils mettent rapidement cette compétence guerrière à profit. Les Normands sont des mercenaires. Ils se battent pour les autres …. Mais ils n’oublient pas longtemps leurs intérêts propres dans cette Italie du Sud qui est, pour reprendre l’expression de Pierre Aubé «un tissu de rancoeurs, d’ambitions contradictoires, d’intrigues mal dissimulées et de haine».
Une famille normande va particulièrement s’illustrer : les Hauteville. On évoque cette folle épopée dans le petit musée de leur village d’origine, près de Saint-Lô, à Hauteville-la-Guichard.
Tancrède de Hauteville est titulaire d’un modeste fief dans la Manche, qui ne lui permet pas d’assurer la subsistance de sa nombreuse progéniture. Mû par cette contrainte économique, certains des ses fils partent…. Guillaume Bras de Fer, Dreu et Onfroy sont les premiers à quitter la Normandie vers l’Italie et s’installent dans les Pouilles, après avoir battu l’armée byzantine à Venosa en 1043. D’autres Normands et d’autres Hauteville vont suivre.
C’est dans ce contexte qu’arrive Robert, un autre fils de Tancrède, vers 1040. Ce fier gaillard se taille un fief en Calabre, ce qui ne manque pas de faire réagir le pape qui réunit alors, son armée renforcée de Lombards et Byzantins. L’armée des princes normands battra cette coalition de circonstance le 17 juin 1053 à Civitate. Cependant, pragmatiques, les Normands et le pape noueront bien vite alliance. Le pape, en remerciement, donne à Robert dit Guiscard (le rusé) la Sicile… à conquérir. Un sacré challenge. C’était depuis 831 une terre musulmane, divisée entre des émirs arabes, habitée d’une population majoritairement chrétienne, de culture et religion grecque. Une belle mosaïque.
Roger, le douzième fils de Tancrède, arrive dans le sud de l’Italie vers 1057 afin d’aider son aîné dans cette conquête sicilienne. Il passe le détroit de Messine en 1061. Et Palerme tombe entre les mains des Normands quelques années plus tard, en janvier 1072. Roger en profite pour s’attribuer, en toute modestie, le titre de Grand comte.
«De ces rudes conquérants, il n'était pas certain que l'on pût attendre grandeur et tolérance et pourtant la Sicile vit pendant un siècle, le plus beau assurément de son histoire, s'épanouir la civilisation la plus originale, la plus raffinée peut-être qu'ait produite le Moyen Age tout entier» analyse Christian Marquant dans la «Civilisation normande de Sicile». Lire la suite p.2 - Voir portfolio Palerme
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