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ÉDITO
Par Nicolas BERNARD

vendredi 28 décembre 2007
Vite, libérez-les !
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MOHAMMED AL-ASAAD ET JOSEPH ALGAZY
Par-delà les murs ?
Par Benoit DELOUVIER

Lorsque Mohammed, réfugié palestinien et Joseph, écrivain israélien, évoquent les déchirures du Proche-Orient cela nous donne une belle leçon de tolérance. Et aussi un espoir…

pardelalesmurs Ce bouquin "Par-delà les murs" (Actes sud Sindbad) est d’abord l’histoire d’une rencontre. Celle d’un réfugié palestinien avec un Israélien. Il y a quelques années, Mohammed El Asaad , en exil au Koweït, publia un récit poétique évoquant son village natal, près de Haïfa. Un village détruit par l’armée israélienne en mai 1948. Le texte arriva, par le hasard d’un éditeur, chez le journaliste et écrivain Joseph Algary. Il fut enthousiasmé à la lecture de l’œuvre et il se lança sur les traces de Mohammed, de son enfance, de son exil.

Quelques années plus tard, les deux hommes se retrouvèrent. Françoise Germain-Robin journaliste à l’Humanité se chargea d’orchestrer leur rencontre, leur dialogue, leurs échanges, leurs désaccords. Et cela nous donne un ouvrage d’une grande intensité.

Françoise Germain-Robin décrit parfaitement l’atmosphère de leur première rencontre à Paris : …«deux êtres dont la création d’Israël avait bouleversé la vie, dont ces décennies de déchirements et de souffrances étaient supposées faire des ennemis pleuraient et riaient du bonheur d’avoir surmonté tant d’obstacles pour être ensemble». A travers l’existence et les expériences de ces deux hommes, plus d’un demi-siècle d’une histoire agitée, violente défile sous les yeux du lecteur. Cet échange continu entre le Palestinien et l’Israélien nous propose une nouvelle grille de lecture des soubresauts qui agitent le Proche-Orient. Au fil des pages, les deux hommes se livrent sans retenue, sans calcul. Un véritable échange qui nous permet de mieux comprendre la complexité qui prédomine dans cette partie du globe. Il n’est pas question de trouver en filigrane des solutions à ce conflit. Mais le simple fait de parler, de débattre, d’exposer avec sincérité son point de vue contribue à la recherche d’une véritable solution.

«Mon premier souvenir, explique Mohammed en évoquant la «Catastrophe de 1948», la première impression que j’ai gardée dans ma mémoire, c’est celle d’être sur les épaules de quelqu’un qui marche dans la nuit. Cette nuit où tout a basculé. Plus tard mes parents m’ont expliqué ce qui s’était passé. Notre village envahi et détruit la nuit même de la création d’Israël»

Plus loin, dans un dialogue continu, la guerre de 1967 est évoquée par Joseph : «Pour moi, le déclenchement de la guerre n’a pas été une surprise. Il était clair que les dirigeants israéliens voulaient profiter de la faiblesse arabe et se venger de ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire en 1956…». Pas de langue de bois dans ces propos. Simplement, les convictions de deux hommes marqués par la violence, par l’incompréhension... ; Plus loin Joseph évoque le drame économique vécu par les Palestiniens. «Ce qui a tué les Palestiniens, c’est le bouclage, l’encerclement des villes. C’était une punition collective inacceptable et une catastrophe qui a ramené les palestiniens des années en arrière…».

Camp David, la militarisation de l’Intidafa, le terrorisme, l’image de «l’autre» au sein des communautés, tout ces thèmes sont «mis en pages» par Françoise Germaine-Robin et au final, cela nous donne un excellent bouquin à mettre entre tous les mains.



  • Par-delà les murs de Mohammed Al-Asaad et Joseph Algazy, un dialogue animé par Françoise Germain-Robin - Actes Sud Sindbad. 19 euros.

















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