«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Née en Algérie d'un père arabe et d'une mère française, Leila est, pour reprendre l'expression de Michèle Perrot qui préface son dernier livre, «une fille des deux côtés de la Méditerranée, une femme de l’entre-deux».
Contrainte à l'exil en 1968, Leila conserve dans son cœur, son corps et son âme, une Algérie qu'elle ne cesse de rechercher, de reconstruire depuis qu'elle écrit. Son ouvrage «Mes Algéries en France» constitue une étape supplémentaire de ce que Leila a appelé joliment ses «variations sur l’Algérie et la France, le Maghreb et l’Europe, l’Orient et l’Occident». Cette recherche permanente sur elle-même, sur un passé, sur une culture forme «des strates qui se superposent depuis des années à travers des romans, des nouvelles. C est un travail qui recompose la pluralité de l’Algérie», nous confie t-elle, dans l'un des salons de l'Hôtel de ville de Paris à l'occasion du Maghreb des livres. Ces «Algéries» constituent un puzzle qui au fil des chapitres s'assemble peu à peu pour composer la réalité de Leila Sebbar avec ses souvenirs, ses drames aussi.

L'une des originalités du livre se trouve dans la double lecture qui est proposée au lecteur avec une formidable iconographie. «Cela permet de porter l'œil sur ce qui aurait pu m'échapper». Leila y croise ses «sœurs étrangères» et surtout elle nous livre des textes d'une beauté intense. Il est subjectif d'extraire quelques lignes. Mais le chapitre consacré aux chibanis traduit toute la tendresse de Leila. «Ils étaient jeunes, vigoureux, illettrés et pauvres. Ils sont vieux, fatigués, illettrés et pauvres... On les croit tristes, ils ne sont pas tristes si la mort musulmane est assurée». Mais la quête de son Algérie est loin d'être close. «J'aimerais partir en Algérie, voyager à travers le pays, retrouver les lieux, les sensations. J’y pense».
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