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ÉDITO
Par Nicolas BERNARD

vendredi 28 décembre 2007
Vite, libérez-les !
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BURKINA-FASO
Toute la saveur de la... mangue séchée du Burkina-Faso
Benoit VOCHELET

Le séchage de la mangue s’installe désormais dans le paysage rural burkinabé. Avec un chiffre d’affaires qui frise les deux millions de dollars et des centaines d’emplois créés, cette filière se construit un avenir. Explications.

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Le Burkina n’est sans doute pas un pays riche. Loin de là. Mais au moins les manguiers y sont fiers, généreux et leurs fruits savoureux. Pourtant, pendant des années, plus de 50 000 tonnes de mangues sur une production totale estimée à 150 000 tonnes pourrissaient au pied des arbres. Qu’en faire ? Le marché local était saturé… tout comme les exportations.

D’où l’idée de sécher ces fruits afin de mieux les conserver. «Au début, il s’agissait surtout d’assurer la sécurité alimentaire des Burkinabés, explique Elisabeth Piras, observatrice avisée des circuits du commerce équitable. Et puis, peu à peu l’option exportation s’est imposée…». Avec près de la moitié de la population sous le seuil de pauvreté selon les derniers chiffres du programme des Nations Unies pour le développement, le Burkina ne laisse pas passer la moindre opportunité économique.


Transfert de technologies

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Très vite les communautés rurales, composées essentiellement de femmes, se sont mises au travail. Ce fut parfois rudimentaire, voire aléatoire.
L’appui d’ONG parmi lesquelles le Centre Ecologique Albert Schweitzer fut déterminant. «Le soutien associatif a été pour beaucoup dans le développement de cette activité avec non seulement le transfert de technologies mais aussi la recherche de marchés afin d’écouler la production», se souvient Daniel Dioma, manager qualité au Cercle des sècheurs (CDS). Ce cercle rassemble une très grande partie des groupements qui se sont lancés dans cette filière au Burkina. «En 1997, poursuit-il, nous comptions une dizaine d’unités de séchage avec environ 200 emplois et un chiffre d’affaires de 150 000 dollars. Nous sommes désormais à une soixantaine d’unités de séchage dans le pays, 800 acteurs et un chiffre d’affaires estimés à deux millions de dollars. Cela devient économiquement important avec notamment une entrée de devises puisque 97% de la production part à l’exportation».


L’Amérique du Nord ou la sous-région ?

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Au-delà de ces chiffres, au-delà des 200 tonnes de mangues séchées exportées chaque année, Charles Yvon Tougouma, le coordinateur au CDS est serein lorsqu’il évoque les prochaines années. «La filière séchage de la mangue a un réel avenir. Car la mangue est un produit où le Burkina dispose d’avantages comparatifs par rapport à d’autres états. Notre production est significative, notre technologie de traitement est appropriée, nous maîtrisons progressivement les exigences de qualité et surtout nous avons devant nous un marché potentiel non encore exploités. Je pense à l’Amérique du Nord, aux pays arabes…»

Une opinion corroborée par l’un des acteurs historique de la filière, le Centre Ecologique Albert Schweitzer. «Le CEAS est à l’origine de la valorisation de la mangue ayant constaté ce que cette valorisation pouvait receler autant en terme de revenus, que de protection des arbres et de lutte contre la désertification, explique Patrick Kohler, le responsable communication de cette structure suisse. Et nous sommes convaincus de l’avenir de la filière pour peu que les différents acteurs continent à travailler avec le souci constant d’une qualité améliorée. Et il rejoint l’analyse d’Elisabeth Piras pour conclure en souhaitant «que le marché de la sous-région ne soit plus négligé. Parce qu’en saison sèche, les consommateurs urbains d’Afrique de l’Ouest pourraient constituer un potentiel de consommateurs très important ». Et pourquoi se limiter à la mangue. «Actuellement, c’est le seul produit séché qui est sur le marché de manière significative, analyse Charles-Yvon Tougouma. « Mais la tomate, la papaye, les haricots sont également conservés par cette méthode, reprend Patrick Kohler. Et ils pourraient s’avérer d’une importance croissante sur les marchés régionaux et internationaux. De plus ce séchage pourrait offrir du travail toute l’année et non plus uniquement lors de la saison de la mangue». Dossier à suivre… Lire l'article "Une solidarité par-delà le handicap" (BURKINA - MORBIHAN)


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