«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Une récente étude menée au Sénégal par des chercheurs de l’IRD démontre un réel espoir pour la prévention du paludisme chez les enfants. Il faut désormais transformer l’essai. La communauté scientifique est prête. Elle attend les financements.

Le paludisme constitue une maladie grave et c’est sans doute la plus répandue des maladies transmissibles. Au plan mondial, elle tue deux millions de personnes par an. Les chiffres sont terrifiants. C’est sans doute pour cela qu’il convient d’accueillir avec un réel enthousiasme les récentes découvertes en matière de traitement préventif des enfants au Sénégal. De quoi s’agit-il exactement. Une équipe de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) basée à Dakar vient de tester avec succès l’efficacité d’une nouvelle approche pour prévenir le pic annuel de morbidité et de mortalité dues au paludisme : le traitement préventif intermittent saisonnier. « Dans notre zone d’études de Niakhar, notre observatoire permanant de santé depuis plus de vingt ans, nous avons administré une fois par mois et pendant trois mois à plus de 1000 enfants âgés de moins de cinq ans une dose d’arténusate et sulfadoxine-pyriméthamine.. Cette dose a été administrée sans test préalable d’infection paludique», explique le docteur Jean-François Trape, «patron» de l’unité paludologie afrotropicale de l’IRD à Dakar.
Par contre, les dates auxquelles ont été administrés les médicaments correspondent à la saison des pluies, c'est-à-dire à la période pendant laquelle le parasite Falciparum est transmis du moustique à l’enfant.
Les résultats ont été publiés le mois dernier dans la revue médicale britannique The Lancet. Dans le groupe d’enfants traités, seuls 39 «épisodes» de paludisme ont été dénombrés. Dans le groupe d’enfants non traités (groupe évidemment de taille équivalente), 222 «épisodes» de paludisme ont été comptabilisés. D’où il ressort une efficacité protectrice de 86%.

L’article publié dans The Lancet est contresigné par seize chercheurs qui traduisent la collaboration de plusieurs institutions sur ce dossier : l’Institut de recherche pour le développement, l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et la London School of Hygiene et Tropical Medecine. L’ensemble de l’étude étant financée par la Fondation Melinda et Bill Gates !
«Les résultats de notre étude sont généralisables pour toute la zone sahélienne et soudano-sahélienne». Ce qui fait potentiellement, des centaines de milliers de vies d’enfant. Le faible nombre de prises de médicaments « permet également, poursuit Jean-François Trape, une baisse des coûts. On peut dire désormais qu’avec un euro par an et par enfant, on le protège efficacement contre le paludisme». Ce traitement préventif intermittent avait déjà fait l’objet d’études pour les femmes enceintes. Des travaux diligentés par l’Organisation mondiale de la Santé et l’Unicef. Mais jamais encore spécifiquement pour les enfants de 0 à 5 ans. Notons par ailleurs, qu’une enquête similaire à celle entreprise à Niakhar se déroule actuellement au Mali. « Leurs travaux ne sont pas encore publiés, mais nous savons déjà que leurs résultats correspondent aux nôtres » précise Jean-François Trape.

Est-ce à dire que l’avenir des enfants se teinte d’espoir ? «Nous devons passer à une plus grande échelle, poursuit le chercheur de l’IRD. Un protocole est d’ailleurs déjà bouclé avec le ministère de la Santé sénégalais pour une étude sur 100 000 enfants. Mais il faut trouver un financement d’environ deux milliards de francs CFA (un peu plus de trois millions d’euros). Nous avons espoir que la Fondation Melinda et Bill Gates poursuive l’expérience au vu de nos résultats».
Passer à une plus grande échelle impliquerait de modifier un peu l’approche. «Il faut voir comment l’infirmier peut mettre à disposition début septembre, octobre et novembre des doses de médicaments dans les villages. La formation de mères de famille dans chaque village constitue également une obligation». Cette «infrastructure» n’effraie pas les chercheurs de l’IRD. «Par expérience, nous savons que ce qui est efficace pour la population est vite adopté».
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