«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

Au Sénégal, des producteurs de fruits et légumes sont informés des évolutions du prix du marché. L'information est quotidienne, gratuite et arrive sous la forme d'un SMS. C'est simple et çà marche !

Comment vendre sa production de fruits ou de légumes au juste prix du marché lorsque l'on est un petit producteur horticole sénégalais ? Comment ne pas risquer de céder sa marchandise aux intermédiaires, à un tarif vraiment trop faible ? Une entreprise sénégalaise, Manobi, a trouvé la réponse à ces questions. Elle a conçu un service téléphonique inédit baptisé «Xam marsé». Une expression qui peut se traduire en langue wolof par «connaître et maîtriser le marché». Manobi prestataire de services à valeur ajouté sur GSM, associé à l'opérateur telecom Sanotel, propose aux petits producteurs sénégalais de recevoir chaque matin sur leur téléphone mobile un SMS avec le prix des tomates, choux, carottes, constaté sur les marchés. Donc pas de risque de vendre à perdre.Le système est simple : Manobi envoie sur les marchés des enquêteurs chargés de relever les prix d'un certain nombre de produits référencés. Ces données sont transmises sur une banque de données centrale. Ensuite, en fonction des types d'abonnement-service, soit les agriculteurs se connectent sur la base de données, soit le prestataire de services, en l'occurrence Manobi leur expédie directement l'information sous forme d'un SMS. Et voilà, le tour est joué.
Si à l'origine, le SMS était payant, ce service est désormais gratuit. «Nous avons fait le pari de la gratuité du SMS à l'occasion de la journée mondiale des télécommunications», précise Daniel Annerose, directeur général de Manobi. C'était en mai. «Notre idée était de faire financer les coûts de transmission et de message par le sponsoring afin d?assurer la durabilité de l'offre de service». Quelques mois plus tard, le même Daniel Annerose dresse un bilan très correct de cette opération. «Nous avons un peu plus de 5 000 abonnés à ce système et nous visons à terme les 10 000 abonnés». Quelque part, Manobi s'inscrit parfaitement dans le souhait d'un «droit à l'information» martelé par le secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications, Yoshio Utsumi : «A l'UIT nous croyons en la communication comme en un droit de l'homme fondamental. Il est temps d'agir pour faire reconnaître ce droit en offrant un accès plus équitable aux technologies modernes de l'information et de la communication aux millions de «démunis de l'information».
Dans le cas présent, il est intéressant de noter que Xam marsé, n'a rien d'un gadget. Les retombées économiques existent bien pour les opérateurs locaux. Et cela sans que l'investissement de départ soit ruineux. Pas besoin d'ordinateur, pas besoin de connexion internet. D'ailleurs, cela serait bien difficile. L'Afrique avec sa population de presque un milliard d'habitants représente moins de 3% des utilisateurs d'Internet dans le monde !

D'où l'utilisation du téléphone mobile, lorsque la couverture réseau existe. Daniel Annerose rapporte volontiers l'exemple de Seydou N'Doye, cet agriculteur maraîcher installé dans un petit village dans l'Ouest du pays. «Avant d'utiliser Xam marsé, les banas-banas (intermédiaires) m'imposaient leurs prix puisque je ne disposais d'aucune information pouvant m'éclairer sur la valeur réelle de mes produits. La première saison où j'ai utilisé Xam marsé, mon revenu net a quadruplé». Un bond du chiffre d'affaires qui s'est confirmé les saisons suivantes. A Keur Ndiate Lô, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, Lamine Sané dresse le même constat. Ce petit producteur de légumes estime que son chiffre d'affaires «a enregistré une hausse de 30%».
Est-ce que ce système sonne le glas des intermédiaires ? Daniel Annerose ne le croit pas davantage. « C'est un système économique gagnant-gagnant. Tous les opérateurs économiques ont le même besoin d?information. Et cela ne lèse personne. Le marché devient simplement équitablement partagé». D'autant que Manobi a développé toute une gamme de produits qui permettent aux acteurs économiques d'affiner leur stratégie commerciale.
Le principe développé par Manobi ne constitue pas une exception sur le continent africain. En Afrique de l'Est, c'est le système Drum-Net qui est venu au secours des petits producteurs horticoles de la région de Karatina au Kenya. Dans le cadre d'un projet de développement, Drum-Net a établi des « kiosques d'information » équipés d?ordinateurs pour permettre aux petits exploitants locaux d'obtenir chaque jour des renseignements gratuits sur les prix des produits de base.
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