«Tous croient à l’efficacité de la médiation d’Hugo Chavez. La famille d’Ingrid Betancourt en tête».

A Tétouan, au nord du Maroc, un parc éolien approvisionne en énergie propre la cimenterie du groupe français Lafarge. Une première mondiale !

Installées en mai 2005, pour un coût de 10 millions d’euros, sur le site de la cimenterie Lafarge de Tétouan, les douze éoliennes alimentent 50% des besoins électriques de la cimenterie. D’une puissance individuelle de 850 KW, les éoliennes forment ensemble un parc d’une puissance totale de 10 Mégawatts (ce qui correspond à la limite fixée par la législation du Royaume en matière d’alimentation électrique privée).
Leur implantation a fait l’objet d’un plan d’étude concerté entre les autorités chérifiennes, l’entreprise française et les habitants. Lafarge, gros émetteurs de gaz à effet de serre, a ainsi expliqué aux riverains les bienfaits que leur procurerait cette énergie propre. Et pour apaiser leurs dernières craintes, «le groupe les a emmené visiter un autre parc, où ils ont pu constater d’eux-mêmes l’impact visuel et sonore de l’éolien», détaille un des promoteurs du projet. Un voyage qui, aux dires de la compagnie, «les a rassuré».
Depuis le 20 septembre dernier, date de l’inauguration du parc, les éoliennes tournent à plein. Parfaitement intégrées au paysage, elles cohabitent sans heurt avec des riverains qui se sont habitués sans mal à ce nouveau voisin peu bruyant et surtout peu polluant.

Ce parc éolien contribue en effet à endiguer le changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le bénéfice annuel pour la planète étant équivalent à la plantation de 2 000 000 arbres.
Mais l’environnement ne sort pas seul vainqueur de ce projet. Le Maroc monte lui aussi sur le podium, puisqu’il entre désormais dans le club très restreint des premiers pays en développement à bénéficier du mécanisme de développement propre (MDP), fixé dans le cadre du protocole de Kyoto. Le parc de Tétouan a été enregistré officiellement le 23 septembre 2005, auprès du Conseil exécutif des MDP, à Bonn. De fait, le Maroc gagne une nouvelle source d’énergie propre et enregistre un nouvel investissement étranger sur son territoire. Le Royaume confirme, par ailleurs, son rôle actif dans le processus de lutte contre les changements climatiques.
Quant à l’entreprise Lafarge, elle engendre des crédits CO2 avec des investissements inférieurs à ceux qui auraient été nécessaires à la construction d’un parc en France par exemple. Le mécanisme de «développement propre» du protocole de Kyoto autorise une entreprise d’un pays industrialisé à engranger des crédits (en tonnes de CO2) au titre d’un investissement mené à l’étranger. Le principe est simple : toute réduction d’émission de gaz à effet de serre bénéficie au climat, quel qu’en soit le lieu d’émission.
Nul doute que de nombreux pays africains se porteront très vite candidats à l’élaboration de ce type de projet qui mêle à la fois développement économique, développement durable et avantage comparatif. Le groupe Lafarge travaille par exemple actuellement avec l’Ouganda, pour tirer de l’énergie à partir des cosses de café.
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